La route du sud celtique.
Quand  un voyage en Écosse avorté faute de  houle  finit finalement par un périple fructueux en terres celtes !
Avril 2025 | Texte : Jeremy Landrein & Basile Hemidy | Photo : © Jérémy Landrein
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Nous voilà le 15 mars 2025 quand j’écris enfin ces quelques lignes, et pour tout vous dire, l'orientation de l’article a bien changée depuis ce road-trip d’octobre 2024.

Presque une demi-année s’est écoulée entre le dérushage des cartes SD et la lecture de ces trop rares notes prises durant le voyage. Les photos qui suivent étaient prêtes à être publiées une semaine à peine après le retour au bercail…Mais bon, des projets professionnels qui se montent, des projets personnels qui se démontent et surtout le temps qui s’écoule vite, toujours trop vite, beaucoup trop vite… comme d’hab, ici chez Forward on prend le temps, parfois un peu trop, mais on est encore là. Et puis hein : « Amzer zo » !

On rembobine. Fin Août 2024, je suis tout juste rentré d’Irlande (Voir Article : This is not a surftrip) quand Antho Demon me chuchote l’intention d’un probable trip en Écosse fin septembre, avec dans ses bagages une team des plus chaleureuse composée d’anciens du boogie-game breton : des gars de la côte nord et une vieille légende belle-iloise. L’Ecosse faisant partie des targets de n’importe quel rider aimant un temps soit peu les slabs et l’humidité, je n’hésite pas une seule seconde pour m’incruster au sein de ce casting de vieux briscards : 2beu (Benoit Riallon), Fred Habasque, Dabour (Guillaume Madec), Antho Demon, Dez (François Desard), et désormais moi même !

Malheureusement en ce début d’automne 2024 les prévisions pour l’Atlantique nord sont instables au possible, il nous est quasi impossible d’entrevoir une tendance fiable et pouvant nous assurer des vagues, on décide donc de ne pas prendre le risque d’un avion inutile. Forcément un peu déçus mais loin d’être abattus, on doit oublier l’Écosse pour cette fois.

Différentes options s’offrent à nous, mais l’une d’elle est une évidence : comme tout bon bodyboard master qui se respecte chacun d’entre nous possède sa fourgonnette aménagée, on va donc rapidement prendre la décision d’emprunter la route du sud avec les camtars, et les clebards Pato et Waf. On oublie la 5/4 cagoule et la moustache pleine de stout, et on sort les néoprènes légers, la crème solaire et les sandales de type allemandes.

As usual par ici, on évitera de nommer les différents points de chute de notre camp de manouches, ceux qui connaissent reconnaîtront, et c’est très bien comme ça.
Disons qu’on est au sud, très au sud, out of France.

Cette discrétion c’est avant tout par respect pour ces endroits “préservés”, du moins pour tenir compte de leurs riders locaux et passionnés gardant encore l’âme du surf bien en eux. En toute transparence, certains autochtones (et on dit bien “certains”) croisés lors de ce beau périple ne mériteraient pas notre délicatesse tant ils étaient l'antithèse de ce que peut-être l’essence même du ride, au point de refuser de partager une seule vague à une tête qui ne leur revient pas, sur un spot magnifique, loin de tout, et complètement désert.

On fait nos gros bébés ouin-ouin mais évidemment ce que nous avons vécu ici - tout comme durant un de nos précédent trip - n’est rien en comparaison à ce qu’il peut se passer sur certains spots du globe. On vous invite d’ailleurs si vous ne l’avez pas déjà fait, à aller visionner la série “Black Surfer Maters” sur Arte. Dans un de ses épisodes elle revient sur les menaces subies par Chris Taloa, célèbre légende du stand up boogie, par le gang de Lunada Bay en Californie. Ça parle de localisme, mais la mini-série traite avant tout du rejet des minorités racisées dans le monde du surf est-américain, et ce genre de rappel est toujours nécessaire pour les petits riders blancs privilégiés que nous sommes.

Toujours est-il que lors de ce beau voyage, on sillonnera ces routes verdoyantes pendant des jours à la recherche de vagues, pas toujours parfaites pour le boogie certes, quitte à changer de support quand les vagues étaient moins adaptées à notre bon vieux Morey, et toujours avec le smile jusqu’aux oreilles. On sortira aussi les cannes et on essaiera TOUS les leurres d’Antho, mais on ne pêchera pas un seul poisson. On ramassera une superbe collection de tongs orphelines sur les plages, et en bons darons, on finira autour d’une table de camping en buvant du Machrie Moor en écoutant les playlist des No friends jusqu’à 3h du matin. On fera tourner l’appareil photo à chaque session afin que chacun ramène sa petite carte postale du périple. Et après une journée à prendre des flys les gars me motiveront à faire 136 canards dans des conditions solides pour finalement prendre deux vagues, mais en bons potes ils penseront à me décapsuler une bière chaude pour la sortie de l’eau afin de m’aider à reprendre mon souffle… les vacances, les copains.

Et puis. Et puis, un jour on ira jeter un œil derrière cette dernière falaise là-bas, vérifier si par miracle une vague ne s’y cacherait pas. Et, comme dans un rêve, on tombera nez à nez sur ce wedge parfait à l’eau couleur cristalline dans un cadre complètement sauvage, ce genre de vagues qui hantent nos nuits en période de trop long flat, que l’on ridera seuls matin et soir trois jours durant. Un cadeau de la nature, un moment infime, fragile, intense, et éphémère de ride et de partage à l’état pur, qui restera pour sûr gravé à jamais dans notre esprit.

Alors prenez vos boards, vos palmes, et sans hésiter, partez à l’aventure!

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Avril 2025 | Texte : Jeremy Landrein & Basile Hemidy | Photo : © Jérémy Landrein

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